La carte postale est connue et utilisée dans le monde entier. Sur un côté, on y trouve une illustration ou une photo et de l’autre, on y écrit son message et on y colle un timbre. Qui n’a jamais envoyé ou reçu ce morceau de papier cartonné de forme rectangulaire ? Certes beaucoup moins utilisée de nos jours comme moyen de correspondance depuis l’utilisation accrue des nouvelles technologies, mais la carte postale ou la carte-correspondance continue de voyager et de faire rêver. Cet article parle des trois femmes les plus demandées sur les cartes postales. 

Mata Hari, l’espionne et danseuse

Elle est née Margaretha Geertruida Zelle, la jeune hollandaise devenue Mata-Hari, était en quête d’aventure. Elle s’est mariée à l’âge de 18 ans, après avoir répondu à une plainte d’un officier de marine néerlandais deux fois plus âgé qu’elle, le capitaine Rudolph Mac Leod. Elle s’est installée avec lui sur l’île de Java, où elle a appris la danse orientale. Le couple a deux enfants, mais le destin frappe lorsqu’ils sont empoisonnés. La petite fille survit, mais le petit-fils meurt. Le mariage du couple ne survivra pas non plus à cette attaque : Mata-Hari retourne seule en Europe. À l’âge de 27 ans, Mata-Hari s’installe à Paris, où elle est divertie par des hommes riches. Elle est devenue célèbre grâce à une série de numéros de danse orientale libérale, qui ont été joués dans le « Nouveau cirque ». Son physique oriental correspond parfaitement à ce rôle et le succès de ses performances suggestives lui permet de voyager à travers l’Europe. Mais cette fantaisie a vite été suivie d’une chute profonde : quelques années plus tard, la jeune femme, qui vivait dans un grand style, était lourdement endettée. Au début de la Première Guerre mondiale, elle a été recrutée par les Allemands comme espionne. Selon les rapports, cependant, seulement un mois plus tard, elle est également engagée par les services secrets français. Le véritable rôle de Mata-Hari en tant qu’espionne reste encore flou à ce jour. Travaillait-elle sous couverture pour les Allemands, les Alliés ou peut-être pas ? Il est encore difficile d’en être sûr aujourd’hui. Elle est arrêtée par le capitaine Pierre Bouchardon pour espionnage au profit de l’Allemagne. Après un procès sommaire, elle est abattue. La légende veut qu’elle ait jeté un baiser aux soldats de son peloton d’exécution avant qu’ils ne touchent les balles mortelles. En tant que figure légendaire, elle reste une personnalité énigmatique jusqu’à ce jour, et de nombreux collectionneurs de cartes postales l’apprécient toujours.

Louise Brooks, l’actrice au casque noir

Louise Brooks est née au Kansas et a commencé sa carrière de danseuse. Après un séjour en Europe, au cours duquel elle s’est spécialisée dans les numéros de danse pour un public exclusivement masculin, Louise Brooks a rejoint les « Ziegfield Follies » sur leur scène de Broadway. C’est là qu’elle a été découverte par le producteur Walter Wanger. Elle est ainsi devenue actrice dans des comédies légères et des films muets. Le succès ne se fait pas attendre. Sa courte coiffure de casque noir devient à la mode dans le monde entier. Louise, cependant, en a vite marre d’Hollywood et décide de poursuivre sa carrière en Europe. C’est pourquoi elle tient le rôle principal dans « Loulou », le film qui fera d’elle une icône du cinéma provocatrice. Elle tournera encore quelques films en Europe avant de retourner aux États-Unis. Mais beaucoup de portes se ferment. Il faut dire que Louise Brooks, par exemple, avec son fort caractère, a strictement refusé d’enregistrer les voix de ses films muets, ce qui n’était pas forcément du goût des producteurs hollywoodiens. Elle est rapidement obligée d’accepter des petits rôles mal payés. Humiliée, elle décide de retourner au Kansas pour fonder une école de danse. Mais même là, elle a été mal accueillie et est retournée à New York où elle a travaillé comme vendeuse avant de devenir prostituée. Sa vie a progressivement pris un mauvais tournant. Heureusement, la situation a changé lorsque Louise Brooks a commencé une carrière de critique de cinéma et de journaliste. Auparavant, son talent est enfin reconnu, grâce au journaliste français Henri Langlois. À la fin de sa vie, elle a commencé à écrire. Elle est morte d’une crise cardiaque, mais restera à jamais une icône mondialement connue dans l’histoire du cinéma.

Josephine Baker, une artiste dévouée

La vie de Joséphine Baker, première célébrité noire internationale, vaut un roman. Elle a quitté l’école pour se marier à l’âge de 13 ans. Elle divorce rapidement et se remarie avec Willie Baker, dont elle gardera le nom, qu’elle quittera deux ans plus tard parce qu’elle veut devenir une star. Mais elle doit sa vraie chance à Caroline Dudley Reagan qui l’engagea plus tard pour la « Revue nègre » à Paris. C’est dans ce contexte qu’elle porte pour la première fois son célèbre costume de ceinture banane. Elle devient rapidement la vedette de la revue des Folies Bergères, où elle apparaît entre autres avec un léopard en laisse. Quelques années plus tard, elle a également commencé une carrière cinématographique. Elle devient française et rejoint la résistance deux ans plus tard, elle a vécu au Maroc, où elle a recueilli toutes sortes d’informations pour les Alliés. À la libération, elle a reçu la médaille de la Résistance française et a été faite chevalier de la Légion d’honneur par Charles de Gaulle. Après la guerre, Joséphine Baker s’est engagée dans divers projets qui lui tiennent à cœur. Au château des Milandes, elle accueille ses 11 enfants adoptifs, qu’elle appelle sa « tribu arc-en-ciel », et lutte activement contre la ségrégation raciale aux États-Unis et dans le monde entier. Mais cette vie, qui est presque exclusivement consacrée aux bonnes causes, coûte cher et bientôt Joséphine Baker est lourdement endettée. À tel point qu’elle est obligée de vendre son château. Avec l’aide de Brigitte Bardot, de Jean-Claude Brialy et surtout de la Princesse Grazia Patrizia de Monaco, elle retourne sur scène à Paris, elle est morte dans cette ville qu’elle aimait tant.

Trois femmes au caractère fort et à la vie passionnante sont présentées et sont encore des icônes de l’histoire du monde. Mais bien sûr, elles ne sont pas les seules femmes célèbres sur les anciennes cartes postales.