Les cercles de l’Enfer sont neuf zones circulaires concentriques et superposées constituant l’Enfer imaginé par Dante Alighieri et décrit dans la première partie de la Divine Comédie. Dans chaque cercle sont punis ceux dont la vie fut entachée d’un type bien défini de péché. Voici un diagramme sommaire de l’Enfer, du XIXe au XXVIIe chapitre, vraisemblablement écrit entre 1307 et 1310 par Dante Alighieri. L’Enfer est la première partie de la Divine Comédie de Dante Alighieri. Les parties suivantes sont le Purgatoire et le Paradis.

La Comédie ou la Divine Comédie est un poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d’hendécasyllabes en langue vulgaire florentine. Composée, selon la critique, entre 1303 et 1321, la Commedia est l’œuvre de Dante la plus célèbre et l’un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale.

Troisième fosse : Les Simoniaques (XIX)

Dans la troisième fosse sont enfermés les simoniaques, qui trafiquent des choses saintes. Ils sont plongés dans des trous étroits, la tête en bas, les pieds en l’air et flambants. À mesure qu’un pécheur arrive, comme un clou chasse l’autre, il pousse plus au fond celui qui l’a précédé. Virgile porte Dante jusqu’au bord d’un de ces trous, d’où sortent les jambes d’un damné qui s’agite plus violemment que les autres. C’est le pape Nicolas III. En entendant approcher Dante, il le prend pour Boniface VIII qui lui a succédé sur la terre et qui doit aussi le rejoindre et prendre sa place en Enfer. Le poète le détrompe, et ne pouvant contenir son indignation, il accable d’énergiques imprécations le pontife prévaricateur.

Quatrième fosse : Devins et sorciers (XX)

Ici sont punis les sorciers et les devins, autre espèce de fourbes. Leur tête est disloquée et tournée du côté du dos ; ils ne peuvent plus que regarder en arrière, eux qui sur la terre prétendaient voir si loin devant eux. Ils s’avancent à reculons en pleurant, et les pleurs qu’ils répandent tombent derrière eux. Virgile désigne à Dante les plus fameux d’entre ces damnés. Il retient son attention sur la sibylle Manto, qui a donné son nom à Mantoue, la patrie du poète romain.

Cinquième fosse : Concussionnaires et prévaricateurs (XXI, XXII)

Ici sont les autres fourbes et prévaricateurs. Ils sont plongés dans une poix bouillante, des troupes de démons les surveillent du bord et repoussent à coup de fourche au fond de l’ardent bitume les malheureux qui essayent de remonter à la surface. En voyant s’approcher Dante et Virgile, ces démons se précipitent sur eux en fureur; Virgile les apaise. Le chef de la troupe noire apprend alors aux voyageurs que le pont de rochers est brisé un peu plus loin et ne peut plus leur servir de passage. Il leur indique un détour qu’ils devront suivre, et leur donne une escorte.

Dante et Virgile, escortés par les démons, continuent leur route et font tout le tour du cinquième fossé. Épisode grotesque : Un damné du pays de Navarre, qui par malheur a sorti sa tête au-dessus du lac de bitume, est saisi par les démons; il va être mis en pièces quand il s’avise d’une ruse qui lui réussit. Il propose d’attirer à la surface, en sifflant plusieurs de ces compagnons toscans et lombards. À cette proposition, les démons qui se flattent d’avoir à déchirer une proie plus considérable, lâchent prise et se tiennent à l’écart pour ne pas effaroucher les victimes qui leur sont promises. Mais le Navarrais, délivré de leurs griffes, s’élance dans la poix et disparaît. Les démons le poursuivent sans réussir à l’atteindre. Furieux, ils se battent entre eux et finissent par tomber eux-mêmes dans la poix bouillante.

Septième fosse : Les voleurs (XXIV, XXV)
Dante, soutenu par Virgile, arrive en suivant une montée escarpée et pénible au septième fossé où sont punis les voleurs. Les ombres s’enfuient nues et épouvantées dans l’enceinte jonchée d’horribles reptiles qui les poursuivent, les atteignent, les enlacent de leurs anneaux. Dante en vit une qui, sous la piqûre d’un serpent, tomba consumée sur le sol pour renaître sur-le-champ de ses cendres. L’ombre se fit connaître : c’était Vanni Fucci, un voleur sacrilège. Il prédit à Dante le triomphe des Noirs, à Florence, qui devait précéder l’exil du poète.

Le voleur ayant achevé de parler, il s’enfuit en blasphémant. Un Centaure, vomissant des flammes, le poursuivit. Trois autres esprits se présentèrent et un reptile monstrueux s’élança sur l’un d’eux, l’enveloppa, l’embrassa dans une horrible étreinte, tant que les deux substances finirent par se confondre. Un autre serpent vint percer l’un des deux autres esprits et ici, par une métamorphose d’un nouveau genre, l’homme devint serpent et le serpent se changea en homme.

Huitième fosse : Conseillers et fraudeurs (XXVI, XXVII)

Les deux hommes arrivèrent à la huitième fosse; ils y virent briller une infinité de flammes dont chacune enveloppait comme un vêtement un pécheur qu’elles dérobaient à la vue. C’est ainsi que sont punis les fourbes, mauvais conseillers, instigateurs de perfidie et de trahison. Une de ces langues de feu, se partageant comme en deux branches vers son extrémité, renfermait deux ombres à la fois : celle d’Ulysse et celle de Diomède. À la prière de Virgile, Ulysse raconte ses courses aventureuses, son naufrage et sa mort.

Ulysse s’éloigna; une autre ombre du même fossé s’avançait en gémissant, emprisonnée également dans une flamme. C’est le fameux comte Guido de Montefeltro. Il interrogea Dante sur le sort de la Romagne, sa patrie, et lui fit le récit de ses fautes qu’il expiait si cruellement dans le fossé des mauvais conseillers.

Neuvième fosse : Semeurs de scandales et de schisme (XXVIII)

Ici sont punis les fourbes qui divisent les hommes hérésiarques, faux prophètes, fauteurs de scandales et de discordes. Leur châtiment est analogue à leur crime. Leurs membres, coupés et divisés à coups de glaive, pendent plus ou moins mutilés, plus ou moins séparés de leur corps, selon qu’ils ont excité de plus ou moins graves divisions sur la Terre. Rencontre de Mahomet, de Bertrand de Born et d’autres damnés de la même catégorie.

Dixième fosse : Les alchimistes (XXIX)

Les deux poètes arrivèrent à la cime du pont qui domine le dernier des dix fossés du cercle de la Fourbe. Assaillis par des plaintes déchirantes, ils descendirent jusqu’au bord du fossé et découvrirent des âmes gisant et se traînant, rongées d’ulcères, dévorées par la lèpre. Cette lèpre, alliage impur de leur chair, rappelait leurs crimes. Ce sont les alchimistes et les faussaires. Deux de ces damnés, Griffolino d’Arezzo et Capocchio, attirent l’attention de Dante.

Le huitième cercle est divisé en dix bolges ; chaque bolge est un fossé circulaire. Les cercles sont concentriques, creusés dans la roche et descendant en terrasses vers le bas. À leur base s’ouvre le Pozzo dei Giganti (le puits des Géants). Dans les bolges sont punis les ruffians et séducteurs, adulateurs et flatteurs, fraudeurs et simoniaques, devins et ensorceleurs, concussionnaires, hypocrites, voleurs, conseillers fourbes parmi lesquels Ulysse et Diomède.

Dix-neuvième chanson

Huitième cercle, III bedlam. Les pécheurs punis : les simoniaques (c’est-à-dire les prélats qui distribuaient les offices religieux, non pas en fonction du mérite, mais pour de l’argent). Les punitions : ils sont enfermés dans des trous de pierre, la tête baissée et les pieds brûlés par des flammes inextinguibles. Les personnages principaux : le pape Nicolas III.

Confitto la tête dans le trou, le pape Nicolas III (que Dante a approché) échange le poète contre le pape Boniface VIII qui, à sa mort, devra prendre part à ce même bedlam. Dante explose dans une violente invective contre la corruption des papes.

Vingtième chanson

Huitième cercle, IVe bedlam. Les pécheurs : les devins. Les douleurs : ils ont la tête tordue sur le dos et doivent marcher sans arrêt, en regardant toujours en arrière. Protagonistes : Tiresia, Manto et autres célèbres devins.

La vue de Mantoue, un devin grec qui a fondé Mantoue, donne à Virgile l’occasion de parler de l’origine de la ville. Du haut du pont qui surplombe le bedlam, Dante montre à Virgile des personnages célèbres.

Vingt-et-unième chanson

Huitième cercle, V bolgia. Les pécheurs punis : les barters (ceux qui ont vendu une fonction publique pour de l’argent). Les punis : ils sont immergés dans de la poix bouillante et s’ils tentent de s’en sortir, ils sont déchirés par les crochets aiguisés du diable. Les personnages : un magistrat de Lucques.

Dante et Virgile ont été témoins du chagrin d’un magistrat de Lucques qui avait tenté de sortir du terrain. Puis un groupe de diables veut se jeter sur les deux poètes, mais Virgile expose à leur chef, Malacoda, les objectifs du voyage de Dante. Malacoda, alors, donne aux deux poètes une escorte de diables, pour les diriger sur un faux chemin.

Vingt-deuxième chanson

Lieu, pécheurs et punitions comme ci-dessus. Personnages : le Ciampolo espagnol de Navarre.

Dante et Virgile s’entretiennent avec Ciampolo de Navarre qui raconte son histoire, tandis que les diables attendent de le mettre en pièces, étant sortis du terrain. Mais à la fin, Ciampolo parvient, avec une ruse, à échapper aux démons et à replonger dans le terrain : les démons en colère se battent entre eux.

Vingt-troisième chanson

Huitième cercle, VI bolgia. Les pécheurs punis : les hypocrites et les pharisiens (les prêtres juifs qui ont condamné le Christ). Les punis : les hypocrites marchent sous de lourds manteaux, à l’extérieur de l’or et à l’intérieur du plomb. Les pharisiens gisent crucifiés sur le sol et sont piétinés par des hypocrites. Les personnages : les frères Godenti (ceux qui appartiennent à un ordre religieux de Bologne), Caïphe, le prêtre juif qui voulait la mort du Christ.

Toujours en colère contre la déception de Ciampolo, les diables tentent de s’aventurer sur Dante et Virgile qui parviennent à se réfugier dans le bedlam du VIème siècle. Ici, marchant aux côtés de quelques pécheurs, ils écoutent l’histoire de leurs événements terrestres.

Vingt-quatrième canto

Huitième cercle, 7e chahut. Les pécheurs : des voleurs. Douleurs : ils courent nus au milieu d’enchevêtrements de serpents qui s’accrochent à leur corps, provoquant des transformations monstrueuses. Les personnages : le Vanni Fucci pistoiese.

Au fond du bedlam, Dante voit un serpent venir sur un pécheur qui brûle et est réduit en cendres, mais prend aussitôt l’apparence d’avant. Interrogé par Virgile, le pécheur répond qu’il est Vanni Fucci et confesse ses péchés avec rage, puis prédit à Dante que les Blancs seront chassés de Florence.

Vingt-cinquième chanson

Huitième cercle, 7e chahut. Pécheurs : Voleurs. Protagonistes : Agnolo Brunelleschi, Buoso Donati et d’autres Florentins.

Dante lance une invective contre Pise qui a généré un voleur comme Vanni Fucci. Puis il assiste aux transformations monstrueuses de cinq Florentins qui, mordus par des serpents, se fondent les uns dans les autres et avec les serpents eux-mêmes.

Vingt-sixième chanson

Huitième cercle, huitième bedlam. Les pécheurs : les conseillers de la fraude. Les douleurs : elles errent dans le bedlam enveloppées d’une grande flamme, pointées vers le haut. Les personnages : Ulysse et Diomède.

Voyant une flamme à double pointe, Dante demande à connaître les âmes qui y sont enfermées : ce sont Ulysse et Diomède, unis dans le tissage des dommages contre Troie et unis, donc, aussi dans la douleur. Ulysse parle de son dernier voyage, où il a insufflé à ses compagnons le désir de connaître le monde et les a poussés à dépasser les limites accordées aux hommes : ils sont partis dans un océan inconnu et ont été emportés par une tempête.

Vingt-septième chanson

Huitième cercle, huitième bedlam. Les pécheurs et les punitions comme ci-dessus. Personnages : Guido da Montefeltro, chef de la Romagne.

En parlant avec Guido Montefeltro, Virgilio lui a expliqué les conditions politiques en Romagne. Puis Guido raconte qu’il a été poussé au péché par le pape Boniface VIII, qui avait besoin de ses conseils avisés pour détruire la famille Colonna ennemie.