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Durant l’antiquité, les bains publics sont monnaie courant en Europe. La plupart des gens s’y rendent alors pour se détendre et nettoyer leur corps. Jusqu’au Vème siècle, même les autorités chrétiennes tolèrent que la population se baigne régulièrement pour des raisons de propreté et de santé.

Au Moyen-Âge, les restrictions religieuses ne tardent pas à se multiplier et l’Eglise finit par condamner sévèrement les bains publics pour des questions morales liées à la nudité et à la prostitution.

Suite à la peste noire, les médecins commencent à formuler leurs inquiétudes quant à l’eau, estimant que cette dernière dilate les pores de la peau favorisant ainsi les infections.

Les classes populaires, privées de bains publics et alarmées par les érudits, finissent par abandonner leurs pratiques antiques, limitant leur usage de l’eau au nettoyage des mains, du visage et de la bouche.

Les élites elles n’adoptent pas une approche aussi radicale de l’hygiène. Elles préfèrent limiter le nombre de bains pris dans l’année afin d’optimiser au mieux le ratio risque de maladie / puanteur corporelle.

Ce fût par exemple le cas de la Reine Isabelle Ière de Castille qui avoua n’avoir pris que deux bains tout au long de son existence : un à sa naissance et l’autre juste avant son mariage.

A l’époque moderne, la paranoïa médicale atteint son paroxysme. C’est ainsi qu’un ambassadeur russe dira de Louis XIV qu’il puait comme un animal sauvage. Une remarque probablement objective puisque les médecins du souverain lui avaient recommandé de se laver le moins possible pour garder la santé. La légende veut d’ailleurs que le Roi Soleil ne se soit baigné que deux fois dans sa vie.

Pour couronner le tout, les aristocrates avaient alors jugé bon de dissimuler leur pestilence en se frottant des chiffons odorants sur le corps et plus tard en s’aspergeant allègrement de parfum.