« And Then There Were None », anciennement intitulé « Ten Little Niggers », est un des romans policiers les plus célèbres d’Agatha Christie. Publié en France en 1940, le livre initialement intitulé « Dix Petits Nègres » s’est vu rebaptisé suite aux protestations de l’opinion publique pour son sens péjoratif et est désormais connu sous le titre « Ils étaient dix ».

Le livre a été traduit dans plusieurs langues et est adapté à la fois comme pièce de théâtre et comme scénario pour un film. Toute personne qui lit le roman reste plongée dans une atmosphère surréaliste et inquiétante. En effet, le livre tient le lecteur en haleine jusqu’à la fin ; le lecteur continue à se demander qui est le meurtrier et ne peut s’empêcher d’être fasciné par l’intrigue complexe. Les personnages gardent un œil les uns sur les autres puisqu’ils peuvent tous être coupables, accusateurs, enquêteurs et même meurtriers.

Mise en contexte

Au large des côtes du Devon, sur l’île des nègres (une île dont la forme ressemble à une « tête de nègre »), huit personnes sont invitées pour de courtes vacances par un certain Urlick Norman Owen qui vit sur l’île avec sa femme Nancy Owen. Pour accueillir les invités, le majordome Thomas Rogers et sa femme Ethel sont aux aguets.

En tout, l’île compte dix personnes : le majordome et sa femme, une vieille fille aigrie, un playboy amateur de vitesse, un soldat à la retraite, un célèbre médecin londonien, un ancien policier, un juge bien connu, un ancien explorateur et un jeune professeur de gymnastique, mais les propriétaires de la maison ne se présentent pas. Ils ne retrouvent que dix figurines en porcelaine représentant dix jeunes indigènes et une comptine inquiétante qui se lit comme suit :

« Dix petits nègres s’en allèrent dîner. L’un d’eux s’étouffa et il n’en resta plus que Neuf.

Neuf petits nègres veillèrent très tard. L’un d’eux oublia de se réveiller et il n’en resta plus que Huit.

Huit petits nègres voyagèrent dans le Devon. L’un d’eux voulut y demeurer et il n’en resta plus que Sept.

Sept petits nègres coupèrent du bois avec une hachette. L’un d’eux se coupa en deux et il n’en resta plus que Six.

Six petits nègres jouèrent avec une ruche. Une abeille a piqué l’un d’eux et il n’en resta plus que Cinq… »

Une intrigue complexe

Les dix vacanciers, qui ne se connaissent pas, prennent possession des chambres et se retrouvent ensuite dans le hall principal. Pendant le dîner, la fête devient inquiétante : une voix enregistrée les accuse d’être des meurtriers qui n’ont jamais été punis, y compris les domestiques. Chacun à son tour tente de se disculper, même en se parjurant.

Peu à peu, les invités meurent (de la même façon que celles exprimées dans la comptine macabre) et les figurines en porcelaine disparaissent. Le premier à mourir est le jeune Anthony Marston, empoisonné après avoir bu un cocktail contenant du cyanure. Puis c’est au tour de Mrs Rogers qui meurt mystérieusement dans son sommeil. L’adrénaline monte sur l’île et Blore, un ancien inspecteur de police, le Dr Armstrong et Lombard, un capitaine aventurier, décident d’inspecter l’île mais ne trouvent aucun étranger. Le soupçon selon lequel l’auteur des crimes puisse être l’un des invités sur l’île s’installe.

Les meurtres inexpliqués se succèdent : McArthur est tué sur la plage par un objet lourd, Thomas Rogers est frappé à la hache. Emily Brent meurt à cause d’un poison injecté par une personne, à l’aide d’une seringue du Dr Armstrong. Blore est frappé par un bloc de marbre en forme d’ours. Ensuite, Vera vole l’arme du seul survivant et, croyant qu’il est le tueur, lui tire dans le cœur. Pris de remords, elle rentre chez elle, se dirige vers sa chambre et se pend. Le dernier survivant, M. Wargrave, se suicide en utilisant une ruse pour créer le mystère de l’île des Nègres.

Conclusion

« Ten Little Niggers » est l’un des livres de mystère les plus vendus au monde, qui continue de fasciner les lecteurs de tous âges par son intrigue captivante et pleine de mystère. Agatha Christie, comme toujours dans ses romans, crée admirablement l’atmosphère de suspense qui colle le lecteur à l’histoire. Les décors, la précision des détails dans la narration, la typologie des personnages ne manquant jamais de profondeur, avec leurs passions, leurs peurs, leurs sentiments sont aussi typiques.

Le roman dépeint admirablement la psyché des dix invités, qui se comportent peu à peu comme des animaux étant pris dans une spirale de suspicion et de terreur. Les soupçons tombent sur tout le monde, personne n’est exclue, et il n’y a jamais assez d’indices, personne ne comprend ni ce qui se cache derrière ce jeu pervers, ni qui en est l’instigateur. Ce n’est qu’à la fin que le lecteur le plus attentif pourra percevoir qui est l’auteur des crimes.